French touch moulinets

En ce temps-là, le charme épicé de l’Orient lointain ne damait pas encore le pion à notre  redoutable french touch. Vous verrez ci-après que nos grands-pères et grand’mères, la cuisse gymnaste éployée, n’étaient pas les derniers à se fendre pour manier canne et bâton avec efficacité. Certes ce n’était ni Jo ni Bo, ...mais ceci prouve que ces moyens de défense rustiques, usant de morceaux de bois à portée de mains, avaient cours sous toutes les latitudes même si leur inspiration ne devait pas les conduire à des conclusions rigoureusement identiques à celles des combattants du Soleil Levant.

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N’avaient-ils pas fière allure ces ancêtres ?[1] Ils savaient mieux que nous offrir dans leur gestuelle la martialité nécessaire qui nous fait tant défaut, nous qui vivons dans un univers relativement serein. Il est vrai qu’ils avaient à leur portée d’autres terrains de jeux que de simples tapis de couleur : quelque grande guerre, par exemple, ou des campagnes parfois encore mal fréquentées… Ni le Jo ni le Bo, donc ; mais le document qui accompagne ce texte, document extrait des archives du club Marcq Aïkido qui révèle les pratiques en usage avant que le club naisse à l’art martial japonais de Maître Ueshiba, atteste des qualités exceptionnelles dont nos grands-parents savaient faire preuve face à l’attaque adverse. La sérénité, tout d’abord. Confondante, paralysante. Il suffit de regarder Papy « Petit Scarabée », Papy « Perceval » ou Abuelito « La Roja ». Quel calme dans la parade de coups mortels comme Pépé Julien face au coup de figure quarte infligé par Mamie Rosie. Ensuite : la vélocité en même temps que l’adresse. Parcourez rapidement du regard les différents moulinets et autres brisés à droite ou à gauche pour vous en convaincre et vous ressentirez bientôt comme une illusion de courant d’air propre à décoiffer le plus tondu d’entre nous : Papy « Ho », Pépé « Bernardo » et par-dessus tout, les bâtons ventilateurs de Mamie Dora et Mamie Cécile. L’enthousiasme enfin, quand ce n’est pas l’hilarité que seul un art qui comble peut allègrement procurer. Notez avec quel plaisir communicatif Papy « Okori » et Papy « Petits Oignons » nous menacent de leur bâton. Ce qui n’empêche nullement le sérieux imperturbable avec lequel un Papy « Jean-Marie » assène son coup de figure, ni la studieuse perplexité avec laquelle Pépé Frédéric distribue son coup de flanc.
Quant à Mamie « Black Mamba », sa posture de garde montrait déjà, à une époque au fond pas si lointaine, qu’on ne la lui ferait pas face à un Papy « le Boucher » qui ferait mieux de veiller à ses abattis plutôt que de poser, avantageusement certes, pour la galerie. Je ne peux hélas citer tous ceux qui paraissent aussi en pied ici et ceux, plus réservés, qui ont aimablement prêté leur main droite, qu’ils soient pourtant ici remerciés. Ah mes aïeuls ! Grâce à vous, je ne regarde plus comme avant ce qui, d’aventure, tombe entre mes mains ! Pour en savoir plus sur la discipline canne et bâton en France : http://www.batoncanne.com/ voir la vidéo : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=UpzLR4izyZQ __________________________ [1] Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.