C ‘est la rentrée : aux stages il faut penser. (Cédric Pichoff)

Quelquefois il est bon de rester chez soi... mais il est bon parfois aussi de redécouvrir l'aïkido sous un jour nouveau, avec d'autres professeurs voisins. C'est exactement ce que proposent les stages de ligues et le premier cette année qui a ouvert le carnet de bal se tenait le 2 et 3 octobre... Samedi, Arnaud Waltz venait transmettre tout son savoir sous vos yeux ébahis. Mais je n'y étais pas. En effet, malgré mes exhortations, il faut savoir prévoir ses stages au regard de la vie et les incompatibilités de calendrier mettent un sérieux coup de freins aux ambitions de pousser la route. Alors - me direz vous - il y a dimanche et se lever pour aller pratiquer : « Il faut prévoir le marché, une grasse matinée, les enfants à sortir, le chien à balader (ou vice-versa), le repas familial, la journée en amoureux, le repos dominical. ». J'en rajoute tant et plus et vous vous reconnaîtrez mes frères (et sœurs) en lisant ces mots. « Quoooaaa, pourquoi irais je voir tous ces inconnus que je ne connais pas (pensez à Bourvil en train de le dire !) ?» Tout cela ne tient pas, car vous les connaissez tous, vous les rencontrez régulièrement dans les évènements qui font l'aïkido, car, vous le découvrirez, les pratiquants qui viennent en stages sont souvent les mêmes. Un petit groupe qui vient à se connaître. Ils ont des contraintes de vie comme nous, pourtant, ils recherchent un autre petit coin de tatami. Des racines (votre dojo) et des ailes (le stage), un pied dans le quotidien et un autre dans les nuages de la remise en question de ce qu'on croit savoir.   Je vous avoue que c'est une petite histoire d'organisation, aller à Harnes voir la co-animation de stage de Pascal Rutkowski et Philippe Anglade 4e Dan aikikaï. Pascal et Philippe (je me permets cette familiarité) ont suivi la même culture d'aïkido et le même enseignement : celui de Bruno Zanotti sensei 6e dan Aikikaï et si leur point commun est l'attention portée au contact entre pratiquants, ils ont chacun leur manière de le souligner. Devant près de quarante participants, il se sont partagés à égalité les deux heures d'enseignement. Pascal dans un style descriptif marquait particulièrement l'importance du placement de la hanche trop souvent ignoré en faveur des bras. Les analyses, qu'ils donnaient techniques après techniques, permettaient d'approfondir la réalisation de celles-ci avec de plus en plus d'aisance. Toujours dans la volonté de démarquer l'aïkido de l'usage de la force brute et de la précipitation (je crois que l'on se reconnaît tous à un moment ou un autre...), Philippe travailla à montrer l'efficacité du déplacement par rapport aux biscottos. "Ce regard perdure quand les forces s'usent" dira-t'il à un moment. Son style d'enseignement, basé davantage sur la sensation s'articulait parfaitement avec le précédent et la combinaison des deux offrait des voies de travail dynamiques. D'autres professeurs s'étaient joints à nous ce matin là, on citera Michel de Harnes, Laurent, Bruno et François pour ceux que je reconnaissais (pardon aux autres) et quelle chance de pratiquer avec eux, humblement disponibles. Cette humilité, caractéristique importante de notre art, se retrouvait dans chacun des animateurs du stage qui venait assister celui qui donnait le cours auprès des participants. Tout cela s'est fini par un petit verre de l'amitié. Un dimanche matin qui commençait bien. J'aurais aimé vous y croiser... Peut être à une prochaine fois ?