Skippy Nen’kan 14 – Voyage en terre inconnue

Ce mercredi 6 Juin 2012, commémoration du D-Day, c'est bien à un petit débarquement à la sauce "aïkidokaise" que nous nous sommes livrés au Palais des Sports St Sauveur pour assister à un des cours de Ninjutsu proposé par le Bujinkan Kitamori Dôjô Lille. _ Ça te dit d'aller essayer le Bunjinkan à Lille la semaine prochaine ? _ Le quoi ? _ Le Ninjutsu si tu préfères .... _ Ah, OK ! Les arts martiaux ninjas ! Pourquoi pas, rendez-vous pour un essai gratuit au cours du Mercredi à 20H00. Et nous voilà donc plongés dans l'univers particulier du Ninjutsu. Pour ceux qui n'en aurait jamais entendu parlé : rendez-vous sur le site du Dojo de Lille pour plus de précision sur cet art martial.  http://www.ledojodelille.com/ Le cours commence, première particularité alors que nous autres Aïkidoka sommes tout de blanc vêtus et nous empêtrons régulièrement dans les plis de nos hakamas,  les ninjas privilégient les couleurs noires, les ceintures blanches, rouges, vertes et noires; ainsi qu'une pratique en simple chaussette et pantalon pour une liberté de mouvement accrue. Et nous voilà partis ! A peine démarrés, c'est un petit sourire en coin que j'échange avec Julien. En effet, nous reconnaissons rapidement la technique montrée par le professeur qui s'apparente à un contrôle du partenaire sur Nikyo (deuxième principe d'immobilisation). Mais nous déchantons bien vite. En effet, la ressemblance s'arrête là : hormis cette fameuse douleur que l'on ressent le long du bras, la façon d'appréhender, d'effectuer et de terminer la technique sont radicalement différentes. La garde de départ, pour commencer, est une position, complètement de profil et qui s'appuie fortement sur la jambe arrière : l'exact opposé de ce que l'on nous enseigne en Aïkido ou il faut être centré et  prêt à "rentrer" sur le partenaire. Position de garde à l'Aïkido...                     et Position de grade au Ninjustsu Par la suite les sensations martiales sont bien là, on ressent la force du partenaire qui, sur une simple clé, pourrait vous déboîter un bras. En revanche, au niveau des repères, c'est la confusion totale. On a l'impression de revenir en arrière, comme au premier jour où l'on a foulé un tatami. Même si l'esprit est habitué à observer une technique montrée par l'enseignant, dans ce cas-ci, cela demande un effort de concentration supplémentaire. Sans vouloir résumer près d'1H45 de cours, on peut noter une sorte de parallélisme entre Aïkido et Bunjinkan (version moderne du Ninjutsu) : d'une part, ce sont deux arts martiaux japonais modernes, basés sur des techniques ancestrales, sans esprit de compétition et, de l'autre côté, l'aspect plus "sombre" qu'entretient le Bunjinkan en comparaison de l'Aïkido. Cette sorte d'opposition subtile entre "Samouraï" et "Ninja" (qui en fait n'existe pas vraiment) car si tout semblent les opposer au premier regard, ils  sont aussi intimement lié que le Yin et le Yang. Quoi qu'il en soit, une expérience très enrichissante que je vous recommande à tous, ne serait-ce que pour l'ouverture d'esprit. François et les autres instructeurs du Bujinkan Kitamori Dôjô Lille vous accueillerons chaleureusement. Encore merci à eux.