Un bon livre au coin du feu : Les mille automnes de Jacob de Zoet

C’est l’hiver eles mille automnes de Jacob de Zoett la saison n’incite pas aux longues promenades. Si l’écran cathodique ne vous a pas définitivement perverti ni celui de l’ordinateur, si l’enfer inépuisable des séries ne vous a pas encore emporté dans ses tunnels sans fin rebondissant, peut-être vous adonnez-vous tout simplement à la lecture d’un bon livre au coin du feu… ou du poêle à mazout. Si tel est le cas, je me permets de vous proposer un livre qui pourrait avoir l’heur de vous plaire : Les mille automnes de Jacob de Zoet de David Mitchell, remarquablement traduit de l’anglais par Manuel Berri, édition de l’Olivier, collection Points « Grands romans » paru en 2012 pour l’édition en langue française. Comme son nom ne l’indique pas, l’intrigue se passe au Japon au temps du règne de Kokaku et sous le Shogunat de Tokugawa Ienari, vers 1799. Plus exactement à Dejima, comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Jacob de Zoet est un jeune clerc envoyé pour cinq ans par sa famille pour s’y faire une fortune avec la promesse, lors de son retour, d’un mariage avec Anna, une belle Hollandaise. Mais cinq ans passés dans une toute petite enclave reliée par un pont au reste du Japon sans pouvoir y mettre seulement le pied, c’est long. Pourtant, il y découvre -et nous découvrons avec lui- la réalité du moment et ne pouvons nous empêcher de nous passionner pour la saga qui marquera son séjour quand il se prend de passion pour Mlle Aibagawa, douce sage-femme au visage étrangement brûlé. Or cette jeune femme est enlevée sous ses yeux et conduite sur le mont Shiranui… Bien sûr il y est question de samouraïs, de la vie, des paysages et des coutumes japonaises, des liens compliqués tissés entre des Européens avides et prêts à tout massacrer sur leur passage mener à bien leurs projets commerciaux et un Japon complètement fermé à l’extérieur qui laisse pourtant une petite porte étroitement ouverte au mercantilisme. Vous passerez ainsi de belles heures au coin de votre cheminée, attendant le printemps, pour vous rendre compte, levant le nez au bout de ces quelques pages, qu’il est bientôt là.